Je m'envole pour la Patagonie

Je m’envole !

Je vais partir seule…

La pression monte… Le stress aussi. Vais-je y arriver ?

J’ai acheter mes billets d’avion un peu sur un coup de tête. Mûri depuis des mois, mais un coup de tête tout de même. Il a fallu arrêter de réfléchir. Arrêter de se poser trop de question, et puis se lancer finalement

C’est l’esprit et le cœur léger, mais terrassée par la peur, que je monte dans le bus pour l’aéroport de Cancun.

C’était rapide. Suis-je prête ? Je ne sais même pas… En fait je ne suis même pas sûre de réaliser ce qui est en train de se passer. Est-ce réel ? Ai-je vraiment le courage de partir seule ? D’aller à l’encontre de tout ce qui m’a fait tant peur depuis des années ? En serait-je réellement capable ?

« _ Avez-vous un billet de retour ?

_ Non.

_ Une adresse où dormir ?

_ Non.

_ Comment allez-vous voyager ?

_ À vélo.

_ Quand allez-vous sortir du pays ?

_ Je ne sais pas, je voyage à vélo.

_ Avez-vous une preuve comme quoi vous allez sortir du territoire ?

_ Mon vélo… dans son carton…

_ Désolée mais je ne peux pas vous laisser accéder à cet avion sans une preuve de sortie du territoire. De toute façon vous vous feriez refuser aux douanes à votre arrivée en Argentine »

Panique…

_ Qu’est-ce que je peux faire ?

_ Acheter un billet de retour »

Je me liquéfie sur place. J’aurai du y penser. Je le savais en plus ! Je m’en veux ! Et dire que je ne m’inquiétais du reste, que mon vélo soit correctement emballé ou quoi que ce soit d’autre. Cependant le véritable problème était sous mes yeux ! Il commence bien mon voyage en solo…

Heureusement la personne à l’accueil est adorable et me donne les codes internet pour que je puisse acheter un billet d’avion. Calculs rapides, prévisions sommaires, sacrifices difficiles. Je n’ai pas d’autres choix. Je réserve un vol Santiago-Barcelone pour le 27 février 2014.

Je n’ai plus à rêver, stresser, imaginer de nouveaux parcours… Après cette ultime promenade il faudra que je rentre.

Chaque partie du projet initial avait sa propre dimension, ses propres chimères. J’aurai aimé profiter plus des Caraïbes. Trouver des plages plus sauvages, uniques, éloignées des touristes. J’aurai aimé voir les Andes, Cuzco, les lamas. J’aurai aimé pouvoir mener à bien l’action vélo prévue au Pérou…

Mais c’est fini, et je garde tous ces rêves dans un coin de ma tête ; je verrai bien si un jour ma route repasse par ces chemins là… Il y a tellement de choses à découvrir en ce monde.

Il me restait 15 000 km à parcourir seule ; j’ai pris un raccourci.

Une phrase résonne dans ma tête…

I passed by…

Stressée comme jamais, mais l’esprit serein, je cours à la porte d’embarquement et monte la dernière dans l’avion.

À peine assise à ma place, la boule de stress qui occupait tout mon ventre ces derniers mois a disparu. Je me laisse envahir par de nouvelles sensations ; l’ivresse du moment présent, la joie d’être seule, la confiance de savoir où je vais. C’est peut-être un nouveau pays, mais pas ma première frontière, je connais déjà chaque geste que je devrai opérer pour vivre mon propre voyage.

Je souris bêtement en regardant par le hublot. J’ai fais le bon choix. Je suis à la bonne place au bon moment.

Dans mon nouveau cahier j’écris un seul mot en lettres capitales.

– LIBERTAD –

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