24 avril 2013 – Le départ et l’arrivée

Nous prenons l’avion avec Guillaume et Virginie qui font aussi leur grand départ. Rencontrés quelques semaines plus tôt, eux se lancent pour la traversée du Canada à vélo. La coïncidence était trop belle pour ne pas rouler ensemble pour un p’tit bout de chemin. Dès l’arrivée à l’aéroport de Québec l’accueil est fascinant. Des journalistes du journal le Soleil nous attendent dans le hall d’entrée et, telles des stars, nous montons les vélos sous le regards des caméras et des passants curieux.

Château de Frontenac, Québec - Canada à véloCependant, à peine les journalistes partis, nous nous rendons compte à quel point nous avions travaillé sur les grandes lignes et oublié les détails. Par trop de confiance nous avions oublié notamment de prendre une carte afin d’avoir la route pour aller chez notre hôte à Québec. Heureusement un cycliste ami de Guillaume et Virginie nous propose de nous accompagner. Nos hôtes sont exquis et nous reçoivent autour d’un bon repas. Le lendemain nous faisons la visite de la ville et retrouvons nos amis charentais. C’est au même moment que nous rencontrons Jef, un amérindien qui a voyagé des années durant à travers son pays. Il est pour nous une mine d’or d’informations et la sympathie même. Ils nous invite chez lui, aux abords du parc national du Mont-Tremblant ; le rendez-vous est pris, on y sera dans quelques jours.

Dès les premiers coups de pédale la vie est différente. Ici le soleil nous brûle, l’odeur des fast-food est omniprésente, les maisons traditionnelles sont de bois et de plastique, les villes sont aérées, les routes bien droites, les bas-côtés bien assez larges pour nous contenir tous les 4, etc. Le printemps n’est pas tout à fait arrivé. Les champs et les arbres sont bruns et des bancs de neiges persistent ça et là dans les villes et recoins un peu plus isolés. Et puis il y a la langue qui, tout en étant la même, est pourtant différente ; à la fois dans les accents et dans les mots. Nous sommes heureux d’avoir commencé par le Québec, c’est un bon exercice avant de passer dans des pays uniquement anglophones.

Côte nord sur la Route verte

Pour avancer, nous suivons la Route Verte, un joyau cyclable de l’Amérique du Nord. Elle nous promène de ville en ville en suivant le fleuve Saint-Laurent.

Premières montées, région du Mont-TremblantAprès 3 jours ensemble nous quittons nos amis qui partent vers Montréal tandis que nous allons voir Jef plus au nord. Nous avons fait le choix de contourner à la fois Montréal et Toronto. Je vais entrer dans la catégorie des voyageurs inhabituels du Canada, car c’est mon 2e séjour ici et je ne vais toujours pas voir les chutes du Niagara. Jef nous a convaincu par son authenticité et son originalité.

Le détour au Nord ne nous déçois en rien. Jef et son amie vivent au fond du bois de la manière la plus simple et nous apprennent beaucoup de choses, que ce soit sur le Canada ou à propos de la vie dans la nature. Chez eux le temps et la civilisation s’arrêtent au pas de la porte. Tout cela au milieu de paysages magnifiques de forêt et petite montagne. En chemin, la route pour aller vers Ste-Émilie-de-l’Énergie qui nous surprend par ses forêts de pins et ses lacs gelés. Et puis il y a le parc du Mont Tremblant. Là encore une forêt qui, sans comprendre pourquoi, nous transporte dans un ailleurs, dans le grand nord en été ? Et enfin il y a la piste cyclable du Petit train du nord qui nous ramène doucement jusqu’à Saint-Jérôme, au nord de Montréal. Cette piste nous entraine tantôt entre les forêts, tantôt le long des routes. Mais à chaque kilomètre elle nous séduit et nous savons que nous sommes où il faut et quant il faut.

Et puis je vous ai parlé de l’accueil des Québécois et Canadiens ? Vous savez ces accueils qui vous surprennent et vous marquent. Le genre d’accueil où à l’entrée de Gatineau un automobiliste nous propose un coup de main puis finalement nous invite chez lui. Où ceux comme à la sortie d’Ottawa un homme des plus gentils et amoureux du voyage nous coure après pour nous inviter à partager le repas avec toute sa famille. Celui où lorsque l’on demande notre chemin une femme seule nous propose de rester dans dormir dans sa maison tandis qu’elle va chez des amis. Ou encore ceux qui vous invite à des soirées et barbecues avec tous leurs amis… Parfois nous avons même du refuser des invitations juste pour pouvoir profiter un peu d’une nuit dans le bois en se faisant bercer par les cris des coyotes. Si les paysages ne sont pas toujours extraordinaires, les gens que nous rencontrons nous apparaissent très chaleureux et prévenant envers nous. Ça nous change de l’Europe où il nous était plus difficile d’aller vers les gens. Mais peut-être avions nous déjà changé depuis l’Eurovélo 6

À Montebello je recommande très fortement la chocolaterie installée dans l’ancienne gare. J’y ai bu un délicieux chocolat chaud un jour de pluie. C’est vous dire s’il était bon. Mais de ce que j’ai compris, Montebello est une ville à visiter, un coin de nature à observer. Nous avions filé et je l’ai regretté.

1re frontière : du Québec au Canada

Arrivés à Gatineau nous prenons le ferry pour traverser la frontière entre le Québec et le Canada. Dès notre entrée dans le bateau le français n’existe plus et l’anglais devient la langue officielle. Puis le ferry nous abandonne de l’autre côté de la rive, à deux pas d’une route hautement fréquentée…

Piste cyclable d'OttawaOttawa est une ville qui nous étouffe dès les premiers coups de pédale dans la banlieue. Pour entrer dans la ville il faut rivaliser avec les milliers de véhicules énormes qui prennent toute la route et nous ramènent à notre statut de simple mortels. Avant même d’entrer dans la ville j’avais décidé que je ne l’aimerai pas. Cependant, une fois arrivée au coeur, j’ai été obligée de changer d’avis. Toujours d’abord il y a les monuments du parlement qui pointent à l’horizon et surprennent par leur architecture néogothique. Aux pieds du parlement se trouve de Canal Rideau qui relie la ville au lac Ontario. Le canal nous entraine avec lui sur plusieurs kilomètres de voies cyclables. La piste est belle, le réseau est dense, la population se promène. Le canal nous mène à des plages, des parcs, des lacs, … Finalement la ville me plait et m’enchante. On nous apprend que l’hiver le canal est gelé et devient une immense patinoire à ciel ouvert. Alors moi je me mets à rêvé d’un hiver glacée, j’imagine la ville sous son manteau de neige. J’aimerai revenir au Québec en hiver, voir la magie de cette saison.

Les grands lacs

Mais déjà les grands lacs hantent nos esprits et nous invite à les rejoindre. Comme la côte Atlantique, les bords de lac sont paisibles, enchanteurs. Ils nous enivrent par leurs couleurs pastels. À notre arrivée le lac Ontario balaye délicatement le sable qui se promène autour de nous. Et à chaque soir le soleil se couche dans son lit d’eau et nous offre un spectacle digne des plus beaux poèmes.

Derniers adieux au Canada sur le ferry de Blue Waters. La gorge pleine d’appréhension et l’esprit assoiffé de découvertes, nous filons vers les États-Unis…

Galerie photos du Canada à vélo

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