De mère en filles
En ce 12 août 2026, nous n'avions que faire de l'éclipse ou des pluies d'étoiles filantes. Toute l'attention de la famille était ailleurs, bien en bas, scotché au bitume. Nous nous lançons dans un voyage à vélo en famille, durant lequel - et pour la 1re fois - nos filles rouleront sur leurs propres vélos.
Et alors ?
Alors, il faut savoir qu'elles n'ont que 5 et 7 ans, deux vélos 20 pouces, deux doudous, un papa trop fort et une corde de tirage. C'est tout.
Mais l'aventure nous appelait tous ensemble. Mes filles ont longtemps été bercées par nos histoires de voyage à vélo, mes conférences et articles de journaux. Et puis elles y ont goûté. Chaque année, nous partons quelque part. Deux jours bien souvent. Maximum trois. Sauf en 2024, où nous avions voyagé 11 jours en vélo cargo à travers la Belgique et les Pays-Bas.
Mais cette fois-ci elles auront leurs vélos, une sacoche chacune, et que pédale la galère !
Le voyage en chiffres
260
km
11
jours
1700
m D+
1
chute
0
crevaison
Pourquoi les Cantons-de-l’Est ?
Un programme attrayant
L'itinéraire avait été planifié ensemble au gré des amis et des envies. Et pour que le programme plaise à tout le monde il fallait :
- Des crèmes glacées presque tous les jours
- Des amis
- Des parcs, des parcs et beaucoup de parcs !
- Des plages
- Une attraction fabuleuse telle que l'est Foresta Lumina
- Le défi d'un voyage de plus d'une semaine entre routes et pistes cyclables
- La découverte des Cantons-de-l'Est
Et c'est ainsi que les filles ont trouvé le projet génial.

Un bon choix pour les parents ?
Rouler dans les Cantons-de-l'Est a rapidement été une évidence. Tout d'abord parce que nous aimons la région. Ensuite parce que je travaille pour Tourisme Cantons-de-l'Est en ce moment, et que cela me donne envie de découvrir encore un peu plus la région. Et aussi, parce que les routes sont assez sécuritaires pour qu’en tant que parent nous puissions envisager d'y emmener nos enfants. Et qu'il fallait une activité assez extraordinaire pour s'assurer de leur donner un but à ce voyage.
Pour oser voyager à vélo avec de jeunes enfants, découvre la section Voyager en famille
Pourquoi les Cantons-de-l’Est ?
Jour 1 – 20 km : Nous sommes donc partis, par une chaude journée d'été orageuse, parcourir des chemins encore inconnus au pas de notre porte, pour une première journée de 20 km. Dès les premiers coups de pédale Petite Soeur me confie qu'elle est heureuse, cela faisait bien trop longtemps que nous n'étions pas allés à l'aventure. Je crois que je suis encore tombée un peu plus en amour avec elle !
Je blague, mais la vérité est que je m'étais préparée à faire demi-tour n'importe quand. Même à Waterloo s'il le fallait. Mais ce ne fut même pas une question. Pour chacun de nous, la route était une évidence.
Jour 2 – 30 km : Dès le 2e jour la route devient vallonnée, mais aucun vallon n'atteint le moral bien trop grand de nos enfants. Grande Sœur me dit d’ailleurs : ce qui est chouette avec les montées, c’est qu’il y a toujours une descente ensuite. Une sage vérité que mon ancien partenaire de voyage m’avait enseignée espérant me motiver (spoiler du passé : pas du tout). Mais les filles, elles, savent que ce soir on dort au camping Bienvenue Cyclistes du Parc national du Mont Orford. Il y a donc une plage de sable qui les attend. Un cours sur les chouettes aussi, organisé par le parc. Une occasion de remplir ma Bucket List inversée !
Jour 3 – 37 km : La fatigue arrive. D'autant plus que le site de Warmshowers plante et me fait défaut pour la toute première fois en plus de 10 ans de bons et loyaux services. Faute de réussir à rejoindre nos hôtes, ou de se faire inviter une fois à Ayer's Cliff, nous sommes contraints d'initier nos filles au camping sauvage. À cause des moustiques, nous pique-niquons dans la tente et réalisons notre unique soirée jeu du voyage.
Jour 4 – 25 km : Dès le chemin de sortie de la ville de Magog, les vallons sont de plus en plus rudes pour les enfants. Si Petite Sœur bénéficie d’une corde de tirage, Grande Sœur se fait pousser par son Papa. Un trio qui fait bien sourire les passants que l’on croise dans les montées. Et si les filles ont un coup de pouce dans les montées, elles sont en totales autonomie dans les descentes. Sur les chemins de gravelle, nous - les parents inquiets - les regardons filer à haute vitesse, heureux de les avoir initiés au vélo de montagne depuis longtemps. Malheureusement c’est la chute pour Petite Soeur à quelques kilomètres de Coaticook, notre destination. Lèvre entaillée et bouche en sang, nous avons bien cru que le voyage s’arrêterait là. Si les blessures physiques étaient superficielles, il lui a fallu près de trente minutes pour oser recommencer à rouler dans les descentes. Finalement, elle préfère la montée. Cet incident nous aura permis de rencontrer Marie-Soleil qui, en plus d’offrir un pansement, nous a généreusement accueilli pour nous offrir de l’ombre sous le soleil de midi. Coaticook, nous voici !

Jours 4 à 6 : Repos à Coaticook
Jours 7 et 8 – 40 + 10 km : Lorsque j’avais imaginé ce voyage, je m’étais dit que, si tout allait bien, je pourrais leur proposer un léger détour jusqu’à Sherbrooke. Un détour qui obligeait un passage sur route un peu plus fréquentée que d’habitude, mais plus de pistes cyclables ensuite, et surtout : moins de montées. Je ne pensais pas qu’ils allaient accepter. C’est ainsi que nous avons filé à Capelton pour visiter la mine (qui était malheureusement fermée), avant d’embarquer sur le réseau cyclable des Grandes Fourches. Calme et au bord de l’eau, c’est un régal d’y rouler jusqu’à Sherbrooke.
Jours 9 et 10 – 50 km : Partis tôt, nous reprenons les Grandes Fourches avant de rejoindre la Campagnarde. Dorénavant la route descend principalement (sauf dans les montées). Et on traverse de magnifiques paysages de forêt… et le parc industriel de Magog, avant de retourner au Mont-Orford, et cette fois-ci d’y rester pour deux nuits.
Jour 11 – 47 km : Départ inattendu dès 9h du matin ! Et hop, on monte, descend et file (presque) à toute vitesse jusqu'à la maison. Les filles sont impressionnantes, et Grande Soeur grimpe à fond et sans chigner (j'ai failli écrire avec plaisir, mais ce n'est pas sûr!). Il faut dire qu'elles ont hâte d'arriver à la maison (et nous aussi un peu).

Préparer son voyage à vélo dans les Cantons-de-l’Est
Site de référence : Tourisme Cantons-de-l’Est (bah oui!)
Cartes papiers : Oui, les MRC éditent leurs cartes
Quoi prendre ? Télécharge les check-lists de voyage en t’inscrivant à l’infolettre. C’est ma base que j’améliore à chaque voyage.
L’équipement des enfants : On adore les vélos Forth qui sont robustes et adaptés aux enfants. Nous avons fait le choix délibéré de ne leurs confier à chacune qu’une sacoche de guidon et une gourde à portée.
Pour les aider dans les montées : la corde de tirage Shotgun (reçue gratuitement il y a plusieurs années) et le bras du Papa qui avait une assistance électrique. À recommencer, nous aurions le même équipement.
Bons coups et mauvais coups du voyage
Coût du voyage : Avec davantage d’activités, des nuits principalement en campings pour la tranquillité d’esprit, et des crèmes glacées presque tous les jours, le voyage coûte bien plus cher que lorsque l’on voyageait en amoureux.
Coût de la patience : La patience parentale a été mise à rude épreuve. Avec un minimum d’une pause par heure, des arrêts à presque tous les parcs pour enfants que l’on croisait, et un rythme de croisière oscillant entre 3 et 40 km/h, il n’était pas toujours facile de s’adapter. Surtout quand la fatigue gagne les enfants, faisant ralentir le rythme, et éloignant toujours plus du temps de repos. À refaire, j’aimerais m’y attendre un peu plus et moins subir ces temps de rien qui occupent la majeure partie de la journée, transformant 20 km en 5 heures de vélo.
Coût des kilomètres : Avant de partir j’ai rencontré une voyageuse qui m’avait dit qu’à cet âge elle réalisait des voyages de 10 à 20 km par jour. Mais je n’ai pas voulu m’y contraindre, d’autant plus que mes filles avaient déjà roulé 28 km entre la rive sud et Montréal en passant par le pont Champlain. Alors oui, elles ont été épatantes et ont tout pédalé. Mais au prix d’une trop grosse patience parentale. À recommencer je réduirai le nombre de kilomètre journalier.
Le coût de l’effort : Je l’ai toujours dit, mais ce voyage me l’a remis à l’esprit « Le corps s’entraine au fur et à mesure du voyage ». Il aura suffi de 10 jours de voyage pour qu’elles puissent parcourir relativement efficacement 50 km en une journée.






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