Le rocher percé

Le tour de la Gaspésie à vélo

La Gaspésie sculpte ses paysages dans le bord de mer, entre plages, falaises et vallons. La ligne d’horizon est bleue, droite et immobile côté fleuve. Tandis que dans les terres elle se perd dans des hauteurs que nous n’atteindront pas.

Paysages de Gaspésie

 LPaysages de Gaspésiees bords de mer se ponctuent de maisons de bois ou de villes. Ici la météo se perd aussi et nous évoluons au fil du temps. En quelques minutes le ciel bleu et ensoleillé peut se transformer en orage. Nous nous arrêtons alors pour attendre le prochain changement.

Côté mer, les fous de bassan nous offrent souvent un spectacle acrobatique. Nous ne nous lassons pas de les voir plonger encore et encore.

Les vents de la côte nord

Balayée par les vents, la côte nord nous offre parfois des records de vitesse, parfois un vent de face. Vallonné et montagneux, c’est le passage le plus difficile de la Gaspésie par son relief. La route 132 est souvent prise entre la mer et la montagne, ce qui nous empêche de planter la tente dans la nature, nous sommes contraints de nous rabattre sur des campings.

Dans le camping de Grande Vallée nous retrouvons 2 jeunes filles qui font le tour de la Gaspésie à vélo en 10 jours. Bien plus renseignées que nous, elles nous conseillent de demander le Guide de la Gaspésie en Vélo en Office de Tourisme. Un guide précieux qui n’a pas de carte, mais les dénivelés de la route.

La côte nord nous y passons simplement, avides de voir la suite, avides d’arriver à Percé qui marquera la moitié du voyage, et avides de passer dans la baie des chaleurs avec l’espoir d’une météo plus chaude et ensoleillée.

Changement de cap à la pointe

Vallée du parc national de ForillonLa Route Verte passe à travers le Parc national du Canada de Forillon. Sans aller à la Pointe du bout du monde, elle nous entraine sur une piste cyclable à travers bois. Enfin, mais seulement pour un court moment, nous quittons la 132 et les voitures.

Le parc de Forillon c’est aussi le fort Péninsule, vestige de la Seconde Guerre mondiale afin de se protéger contre les sous-marins allemands qui venaient bombarder les navires alliés.

Une dernière pause à la plage de Penouille, puis nous filons vers Gaspé où nous attend Pascal, notre premier Warmshower du voyage.

Si jamais vous passez en Gaspésie à vélo, vous pourrez remarquer la frustration que la pointe va vous infliger tant il y a de baies. Depuis la plage de Penouille nous voyons Gaspé, bien visible et sous le soleil à 1 ou 2 kilomètres seulement en ligne droite. Cependant la baie nous oblige à un détour sur presque une journée complète ! Alors lorsque Yan voit un pont de chemin de fer, et surtout que les rails sont rouillés et donc sûrement non utilisé. Il propose alors de passer par là afin d’éviter le détour. Laura s’écrit au mauvais plan, mais le suit pourtant. Et nous avons bien fait car ce fut un moment qui égaya notre journée, qui nous a économisé de nombreux kilomètres et qui nous aura permis d’arriver à l’heure chez Pascal.

Invente ta piste cyclable

La pause chez Pascal est la bienvenue car Laura fatigue des côtes, ses jambes n’arrivent pas à s’en remettre correctement. Nous discutons de choses et d’autres et découvrons l’existence d’une plage de rivière avant Gaspé avec un nom qui fait rêver : La rivière d’émeraude. Ça vous dit ? Ben nous aussi ?

Le temps s’arrête à la rivière d’émeraude

Alors pour y aller il faut rester sur la 132 contrairement à ce que la Route verte indique. Puis, un peu avant l’énorme côte qui mène à Percé, tournez à droite au panneau Rivière du Portage. Suivez la route, puis le chemin de terre. Évitez les camions de la carrière de sable qui ne font qu’aller et venir pour le plus grand inconfort du cycliste. Traversez la carrière. Là vous verrez un parking puis un panneau « Rivière d’émeraude 400m » et « Veuillez gardez ce site propre » Retournez vous pour regarder la carrière surexploitée, et rigolez un peu. Puis lancez-vous dans le sentier de randonnée. Nous y sommes passés juste après un orage. Le sentier était de boue et glissant à souhait. Les 400m sont bien plus longs qu’annoncé (plutôt 1km). Et au moment où vous penserez sérieusement à faire demi-tour, continuez encore un peu, vous y êtes presque. Quelques pas encore, oui, et hop ! C’est là que vous la verrez !

La rivière d'émeraudeLa rivière d’émeraude se dévoile d’abord depuis les hauteurs de la forêt. Sa cascade et son eau transparente aux reflets d’émeraude.

Il y a un escalier qui va vous permettre de descendre. Un escalier de bric et de broc, deux troncs d’arbres attachés ensemble pour faire un pont. Et puis il y a un peu de monde, des jeunes et des moins jeunes qui ont du mal à venir à bout de cette installation pour arriver à la plage. Un plage de cailloux et une eau glacée. Un décors idyllique qui vous invite au repos, à la baignade, au bien-être, au temps perdu qui passe quand même. Un moment de rien mais un beau moment. L’un de nos plus beau en Gaspésie.

Alors sur le chemin du retour ne soyez pas égoïstes. Lorsque vous croisez des gens prêts à faire demi-tour, dîtes leur que ce n’est plus très loin…

En route pour Percé

Le rocher percéLorsque nous reprenons la route, à la sortie de la rivière, nous prenons tout à coup conscience du temps qui passe et du ciel orageux qui semble foncer droit sur nous. Il éclatera lorsque nous serons dans la montée de Percé, c’est sûr…

Alors nous reprenons la route avec la contrainte de la montée et de la pluie qui s’en vient. Sur le Guide de la Route Verte une pente montante à 15% est annoncée. Laura la craint, elle n’a jamais réussi à monter les côtes ardues avec son vélo couché. La montée est longue, mais pas si escarpée. Yan annonce tout souriant qu’après être passé dans le parc des Laurentides avec les côtes à 18%, tout le reste semble facile. Et il est vrai que cette route aura été notre meilleur entrainement. Alors on grimpe jusqu’au panneau de la délivrance, une descente à 17% qui nous entraine tout droit jusqu’à Percé. Vérification de l’état des vélos puis on se lance dans la côte avec l’espoir de battre nos records de vitesse.

Manque de bol pour Laura, une voiture freine devant elle tandis qu’elle commençait à peine à battre son record. De 80,2km/h, elle est simplement passée à 80,5 km/h. En bas de la côte la voiture coupable ré-accélère et Yan passe à toute vitesse. Il a atteint 94,5 km/h.

On arrive à Percé sans la pluie et sous le soleil finalement.

La ville de Percé pour fêter la moitié du voyage

Le rocher percéPercé c’est le bout de la Gaspésie, la ville à voir et la photo à prendre. On l’a vu nous aussi le Rocher percé ! Laura a beau se moquer elle est contente. Yan lui savoure la victoire de cette première moitié de voyage. Nous sommes arrivés au bout du continent. Changement de cap ! Maintenant nous irons vers le sud. Il nous reste encore le détour par les îles de la Madeleine, puis nous reprendrons le chemin de la maison.

Nous savourons cette victoire autour d’une bière et d’un jus de fruits tandis que nous regardons deux enfants se pratiquer à rouler avec nos vélos couchés.

Le lendemain nous prenons notre temps comme un jour de repos. Yan remonte la côte de Percé pour tenter de battre son record de vitesse, en vain. Puis nous allons marcher jusqu’au rocher percé avant de reprendre notre route tranquillement.

Le début des vacances à la baie des chaleurs

Après Percé la route est facile car elle est simplement vallonnée. De quoi savourer une progression tranquille sous le soleil. Le soleil ? Il pleut à gauche, à droite et devant nous. Mais pas sur nous. À deux reprises tout de même nous nous sommes arrêtés pour esquiver de gros orages de justesse. Le timing a été tout simplement parfait pour que nous ne recevions pas la moindre goutte.

À la sortie de la ville de Chandler, à Pabos, nous passons à côté d’une plage. Petite crique tranquille dans laquelle nous passons la soirée en compagnie un couple de jeunes français en vacances. Au matin Laura découvre des plants de myrtilles un peu partout autour de la tente et s’en régale. Un beau site et une belle rencontre. Un bon moment.

Il fait beau et chaud. C’est comme un air de vacances qui sonne à nos oreilles !

Camping sur la plage de Pabos

À New Richmond nous avons rendez-vous avec Bruce, un autre warmshower qui nous accueille chaleureusement dans sa belle maison. Un homme très intéressant qui a passé 17 ans dans le nord à travailler avec les autochtones. Lui, son voyage de prédilection semble être le canot. Il nous raconte des histoires à nous faire rêver et nous faire sentir bien luxueux de voyager à vélo. C’est notre dernière nuit au Québec, demain nous passerons le pont pour entrer au Nouveau-Brunswick.

Dernière journée au Québec

Une dernière journée sans accro et sans histoire. Une journée simple avec des paysages simples. Mais avant de passer le pont, en arrivant à Pointe à la croix, nous rencontrons Bill. Il vient de faire la traversée du Canada à vélo et il est dans ses derniers jours.

Il nous compte son expérience du vélo au Québec comparativement à toute les autres provinces du Canada. Un vrai paradis d’après lui grâce à ses accotements larges, la simplicité pour acheter des bières, la bonne nourriture,…

Quant à nous, il nous suffit de passer le pont pour vivre l’aventure hors Québec !

Face au Nouveau-Brunswick

Galerie photo du tour de la Gaspésie à vélo

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