Back au Nouveau-Brunswick : Du blues au bonheur

Ce retour là on ne fabulait pas dessus ; on le craignait. Après les moments difficiles sur la côte Acadienne, nous n’avions plus le goût de rouler dans cette province aux routes étroites et sans bas-côté. Pourtant la vie est faite de contraintes, et nous sommes obligé de re-traverser le Nouveau-Brunswick à vélo ; mais cette fois-ci ce sera par le sud.

À peine sortis du pont le blues de la route nous gagne…

Dès notre arrivée dans la Province, une grosse averse éclate et nous oblige à nous enfermer dans l’Office de Tourisme. Une péripétie qui sabote le peu de moral qui nous restait et qui nous donne envie de faire du stop. Nous n’osons pas… Une fois le soleil de retour nous reprenons la route à contrecoeur, la même qu’une semaine auparavant. Sur un air de déjà vu nous retournons sur Shediac et nous faisons halte au premier camping afin de nous reposer totalement avant d’affronter la côte sud du Nouveau Brunswick.

La route touristique est toujours en manque d’accotement et très vallonnée. Ainsi nous rejoignons au plus vite l’autoroute. Très rapidement nous y trouvons un rythme comme nous n’en avions jamais eu durant ce voyage. Et à 30 km/h, nous devenons les rois du monde. Les rois de l’autoroute. Et peu importe les voitures qui roulent 4 fois plus vite que nous. Le bonheur de rouler est de retour !

Les plus hautes marées du monde

À toute vitesse nous frôlons la ville de Moncton, d’où nous prenons la route du sud pour aller observer les plus hautes marées du monde à Hopewell Cape.

Rockwell CapeLe site de Hopewell Cape est situé sur des falaises abruptes sculptées par le temps et les marées dont le niveau de l’eau peut varier jusqu’à 14 mètres. Les falaises érodées donnent des forment assez spectaculaires telles que des arches, des dolomites ; et presque toujours avec des arbres à leurs sommet. Un parc qui a mis en place un escalier permettant aux touristes d’aller marcher au fond de l’océan à marée basse ; puis d’observer le paysage différent à marée haute.

Ici les marées montent à toute vitesse, soit deux mètres de l’heure. Rapide certes, mais notre œil ne peuRockwell Capet pas l’observer en temps réel pour autant. Cependant nous avons eu de la chance, car une émission tournait une vidéo où deux personnes mangent un homard sur une table à pique-nique durant la marée montante. Un repère visuel intéressant, car au bout de 30 minutes environ la table flottait, le homard était mangé, et la vidéo touchait à sa fin.

La baie de Fundy toute entière est rythmée par les marées ; que ce soit pour la vie ou pour le tourisme. Tout au long de la route touristique du littoral des publicités vantent des sites d’observation des marées, tandis que les ports sont remplis de bateau échoués à marée basse.

Aujourd’hui je ne veux pas pédaler

« Aujourd’hui je ne veux pas pédaler » a annoncé Laura à peine embarquer sur son vélo. « Aujourd’hui je suis fatiguée et je n’ai pas le goût, je veux juste retourner dormir. »

Parce qu’il y a des jours comme ça où l’envie n’y est pas. La force aussi. Il faut dire que depuis les îles de la Madeleine nous roulons à toute vitesse sans prendre vraiment le temps de se reposer. Et aujourd’hui c’est le contrecoup, Laura ne veut pas pédaler !

Cependant nous sommes sur le parking du parc Hopewell Cape, alors on reste sur les vélos, puis on part un peu plus loin.

« Pourquoi roule-t-on alors que je ne veux pas pédaler ?

_ Parce qu’on voyage à vélo.

_ Peut-être mais on a le droit de se reposer. »

Et puis on roule. Mais attention on ne roule pas sur n’importe quelle route. Nous avançons sur une route touristique du Nouveau-Brunswick : des ascensions en dents de scie, aucun bas-côté et beaucoup de voitures.

Alors on avance.

On avance même à travers le parc national du Fundy où, en quelques kilomètres, la route passe du niveau de la mer à 366 mètres. Une route en travaux, où nous devons nous arrêter, où le bitume disparaît de temps en temps…

« _Mais moi je ne voulais pas pédaler ! » Répète Laura de temps en temps, puis elle grimpe cette fichue route. Les corps sont maintenant musclés et elle a malgré tout la fierté de réussir cette ascension sans avoir besoin de pause.

Puis, un peu avant le sommet nous passons sur une zone avec une dizaines de travailleurs qui ont l’air à la fois épatés par nos bicycles et notre performance pour gravir cette côte d’environ 10 km. Enjoués, ils nous font de grands signes, et l’un d’eux pousse même Laura pour l’encourager.

« _ Ah c’est une bonne journée aujourd’hui finalement ! » annonce Laura tout sourire.

La descente nous entraine à peu d’efforts jusqu’à un camping à quelques kilomètres de la ville de Sussex où nous installons la tente juste avant l’orage.

St John

À Sussex nous reprenons l’autoroute avec plaisir et filons jusqu’à St John.

Comment vous dire… ?

En arrivant au panneau bienvenue à St John, il y a un enchevêtrement de grandes routes qui se croisent, gauche droite dessus dessous… De grosses usines Irving (pétrolières) apparaissent déjà et semblent monopoliser une partie de la ville. Puis il y a ce petit espace vert derrière le panneau « Welcome to St John », avec un panneau plus petit « Help us to keep it clean » (Bienvenue à St John, aidez nous à la garder propre).

Dubitatifs nous suivons le flot des voitures pour rentrer dans la ville. Assez vite nous mettons de côté l’idée d’aller voir le centre-ville car cela à l’air trop compliqué. Nous mettons alors le cap vers un parc qui, sur les cartes, nous semble un peu éloigné des activités de la ville et propice à planter notre tente. Mais non… Le parc n’est composé que d’un gazon, d’arbres et de tables éparses ; et surtout il est encore bien au milieu de la ville, à la vue de tous et vulnérable à tous les bruit de cette ambiance tumultueuse.St John

Nous repartons donc après souper, avec l’objectif d’aller voir ce que cache le chemin de terre signalé sur nos cartes off-line de Maps with me. Entre le château d’eau et le cimetière, ce petit chemin de graviers qui nous offre un espace de gravier dégagé entre le bois et la ville. Pourquoi, on ne sait pas ; mais l’absence de traces de pneus semble nous indiquer que peu de monde vient ici. On s’y installe donc et passons une nuit bien silencieuse au milieu de la ville de St John. Et au petit matin, un chevreuil et son bébé viennent brouter à une vingtaines de mètres de nous.

À St Stephen, on rentre aux USA

Et hop ! Vous connaissez la chanson : Autoroute jusqu’à la prochaine ville s’il vous plait ! Et la prochaine ville maintenant c’est St Stephen, là où nous allons passer la frontière des États-Unis pour traverser le Maine.

La frontière se passe assez facilement, et Yan découvre que les États-Unis n’acceptent facilement que les Canadiens sur leur territoire. Pour Laura c’est différent, on nous pose plein de questions : où vous êtes vous rencontrés ? Quoi ! T’as quitté ton emploi dans une firme d’ingénierie pour la rejoindre en France ?! (puis là y’a le monsieur avec le pyjama batman qui rigole derrière nous), … Puis il appelle la douane canadienne, juste pour être sûr. On paie le visa. Et on peut y aller !

Bienvenue dans le Maine

Le Maine, on a entendu pas mal de chose à son sujet, mais on a surtout entendu que c’était un endroit assez vide des États-Unis dont le nord était avant tout dominé par la forêt. Nos besoins d’eau et de nourriture nous poussent alors à passer un peu plus vers le sud, par la grosse ville qu’est Bangor.

Mais pour le moment nous sommes à Calais, notre première ville du Maine. La première rue que nous empruntons est bordée de drapeaux étoilés, pas de doute nous ne sommes plus au Canada.

À Calais nous avons le choix de continuer sur l’autoroute en ligne droite vers Bangor, ou de passer plus au sud afin de rejoindre le sentier cyclable DownEast Sunrise Trail. La deuxième option nous rallonge d’environ 50 km, mais contient moins de dénivelé car c’est une ancienne voie de chemin de fer. Et puis pour tout vous dire, on en a marre des vrombissement des voitures qui passent à toute vitesse. On prend donc la route du sud avec l’idée d’être un peu tranquille.

En chemin nous trouvons un magnifique endroit où dormir : un ponton de pêche égaré dans le marais qui nous offre un très belle vue sur la rivière. Puis il y a aussi le bébé castor qui a tenté 2 sorties furtives en soirée, et dont nous avons pu en profiter pour le regarder rapidement.

Nous nous couchons à 8h… Et oui, nous avons changé de fuseau horaire, nous voilà de retour sur l’heure avancée de l’est. À partir de maintenant le soleil se lève à 5h et se couche à 19h30…

Heu… Finalement c’était pas si mal le Nouveau-Brunswick…

Galerie photo du Nouveau-Brunswick : La côte sud

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