Tijuana

Tijuana est la porte d’entrée pour la Baja California, la promesse de pouvoir dévorer le Mexique tout entier ! Dès la sortie de San Diego nous sentons que le Mexique n’est pas loin. Une effervescence s’empare du groupe comme à chaque passage de frontière.

Nouveau pays, nouvelle étape. Cette fois-ci nous entrons dans l’inconnu plus que jamais auparavant.

Les États-Unis et le Canada ont quelques différences à la France, mais pas tant. L’Europe de l’Est m’avait dépaysée, mais tout en retrouvant des racines et des repères propres à l’Europe. Mais le Mexique…

Le Mexique ne me dit rien. Pas une image, pas une histoire. À part les histoires de drogues et de meurtres que l’on entend à la télévision. Mais ces histoires là je n’en veux pas. Je veux découvrir le Mexique et le vrai, pas celui des médias. Pas les histoires des nord-américains terrorisés par leur télévision.

Le premier repère brisé aura été celui de la frontière. Tout s’est passé bien trop simplement. Il nous a fallu aller chercher le douanier mexicain qui a été déçu d’être dérangé par 3 touristes au milieu de son feuilleton. Il a nous a même expliqué qu’en tant qu’européens nous n’avions pas besoin de visa pour 90 jours. Manque de bol pour lui, nous voulons le visa de 6 mois…

Dès les douanes nous rencontrons Basilio, un espagnol francophone qui vit ici. Il nous offre une visite de la ville qui nous enchante alors malgré sa réputation. Mais bien plus précieux encore, il répond à toutes nos questions tandis que nous ne parlons pas encore espagnol ! Un trésor d’informations pour nous qui apprenons alors comment trouve de l’eau, ou comment agir avec les Mexicains. Cette traversée du Mexique à vélo s’annonce alors sous les plus beaux hospices…

La Baja California

Station essence dans la Baja CaliforniaLes premiers jours nous sommes charmés par chaque découverte. Mais de degré en degré, la chaleur prend place dans nos esprits et devient  pénible. Heureusement les nuits sont fraîches et les matins nous offrent un ciel nuageux.

Le rythme change encore. Nous adoptons petit à petit l’attitude tranquille des Mexicains. Nous sommes séduits par leur mode de vie. Nous y sommes bien tout simplement. Nous nous demandons souvent pourquoi le pays a autant mauvaise presse. Et surtout pourquoi les Mexicains envient tant les États-Unis ? On se sent alors touriste. Nous sommes ici par choix, et notre mode de vie simple nous l’avons choisi aussi. Nous sommes en dehors de leurs réalités.

Après Ensenada la route de la Baja California devient un peu ennuyeuse ; droite et bouillante, brûlée par le soleil. Il y a beaucoup de chiens errants qui nous rappellent un peu la Roumanie, des maisons à demie construites éparpillées dans le paysage, de riches maisons toutes neuves avec vue sur la mer (à des américains?). La plupart des villages rencontrés sont quelques maisons et routes de sable traversées par la voie rapide. Nous suivons la route à travers cela, à travers les montagnes, sur les routes étroites et sans bas-côtés ; sans réelles limitations de vitesse, avec des bus qui roule trop près et trop vite. Et si l’on rencontre peu, presque chaque personne que l’on croise nous dit bonjour, nous klaxonne, nous fait des signes, nous siffle. Ils sifflent beaucoup ici. On est séduit et surpris à a fois. Surpris de ce changement si rapide et radical entre les deux frontières. Il n’y a plus d’eau potable qui sort des robinets, et même plus vraiment d’eau courante. Nous devons acheter de l’eau purifiée car il n’y a aucune autre source. Nous consommons à 3 presque 15 litres par jour. On s’étonne de voir à quel point le pays semble organisé pour transporter les garrafon (bidons de 20L) à travers le pays, même jusqu’au villages qui nous apparaissent comme des plus reculés. Et à chaque fois que l’on est logé Yan demande « Mais elle vient d’où l’eau ? », sans que l’on puisse comprendre pour autant la réponse. À Guerrero Negro, Sara a tenté de nous expliquer… On a simplement retenu que l’eau étant partagée dans toute la ville, les habitants ne peuvent en profiter qu’un jour sur deux. Le reste du temps ils ont des réserves sur le toit afin de pouvoir se débarbouiller un minimum le matin. On se sent bête en tant qu’européens et nord américain de prendre l’eau pour acquis. À simplement aller dans la salle de bain et s’attendre à ce que l’eau coule, « et de l’eau chaude s’il vous plaît ! ». Mais aujourd’hui, du bout du tuyau qui dépasse du mur, il n’y a même pas une goutte d’eau…

Dès nos débuts au Mexique nous nous sommes mis aux couleurs locales : tacos, burritos, et tortillas à volonté, … Et puisque nous serons malades, autant que ce soit pour tout de suite. On ne s’est nullement privés de quoi que ce soit. Puis les jours passent sans que rien ne ce passe de ce côté là. On s’amuse aussi à partir aux toilettes avec notre petit seau d’eau pour pouvoir tirer la chasse. C’est étrange, c’est nouveau. C’est tellement différent.

Mais les journées se font de plus en plus chaudes. Arrivés au parc national « del desierto central de la Baja California » les paysages changent. Tout devient plus vert ; épineux aussi… Les cactus deviennent omniprésents, et chaque arbre semble vouloir se défendre de la menace animale. C’est beau. On est ravi. On en oublie un peu le soleil. Mais ce moment est court. Les cactus vont et viennent au grès des montagnes et des paysages. Jusqu’à San Ignacio. Ville d’oasis avant la mer de Cortes, en quelques virages à peine nous sommes passés d’un désert cuisant à une palmeraie en bord d’une énorme rivière. On y rencontre d’ailleurs les tortucar : une famille de 4 français qui sont partis explorer les Amériques en campings-car, de New-York à Ushuaïa. Ils nous parlent de la plage paradisiaque d’El Requeson. Le rendez-vous est pris, on s’y retrouvera le lendemain !

Playa El RequesonPlage de sable blanc, eau turquoise et transparente, vue sur des montagnes couvertes de cactus géants, petites paillottes sur la plage pour s’abriter du soleil… En arrivant on saute immédiatement à l’eau car la route avait été difficile « oh mon dieu, mais elle est chaude ! ». On a passé le reste de notre temps à se prélasser, se baigner, admirer les poissons multicolores. On a même découvert que nos matelas de sol auto-gonflants pouvait aussi servir à flotter sur l’eau. Entourés de 4 adultes et 4 enfants, tous francophones ; on profite de ces moments, comme une parenthèse supplémentaire au voyage. Au coucher du soleil la plage change de couleur, et la nuit nous pouvons observer des algues phosphorescentes qui brillent lorsque l’on remue l’eau. On est littéralement dans un autre monde.
On espère les revoir un peu plus loin sur la route. Au ferry peut être. En tout cas, on se recroisera…

Événement vélo à La PazPuis une dernière ligne droite nous mène jusqu’à la Paz, notre destination finale pour cette partie du voyage. On est accueillis par Glenda et son fils Glen, des amis de Sara, qui nous a hébergé quelques jours plus tôt. Ils s’occupent bien de nous, nous aide à faire quelques emplettes. Glenda, femme active pour le vélo dans sa ville, nous invite a « el paseo » : une rencontre cyclable qui a pour objectif de faire baisser la délinquance dans les villes participantes. Le lendemain, un autre événement cyclable prévoit de distribuer des livres dans différents quartiers de la ville. D’ailleurs la maison de Glenda est entièrement ouverte aux cyclistes de passage. Nous sommes 6 dans sa maison à présent. On s’y plait ! Mais le ferry arrive bientôt. On a juste le temps de revoir notre parcours et puis on file vers le continent.

6 thoughts on “Mexique à vélo : La Baja California

  1. Bonjour Laura,

    Ton post a trois ans mais la situation n’a pas dû beaucoup bouger.
    Tout d’abord, merci pour ton super témoignage. Je souhaite faire la Basse Californie en vélo en 2017 et je voulais avoir des infos sur la gestion de l’eau. Est-il possible finalement d’en trouver tous les jours ou faut-il se prévoir une réserve suffisante pour quelques jours ?
    Partant seul et souhaitant faire du camping sauvage, j’ai vu que la basse californie était safe, qu’en penses-tu ?

    Merci beaucoup et à bientôt

    1. De manière générale s’il y a du monde, tu devrais avoir une place pour acheter de l’eau. À toi de bien gérer ton itinéraire et de faire attention à la population potentielle ou non.
      Mais les Mexicains subissent aussi le problème de l’accès à l’eau. Ils seront donc ta meilleure ressource.
      De mes souvenirs il faut être attentif, mais ça reste assez simple à acheter.
      Sinon, côté sécurité, moi je me suis sentie merveilleusement bien durant tout mon voyage et très rarement en situation d’insécurité (mais je n’étais pas seule). Mais effectivement la baja semble particulièrement sécuritaire. Le plus gros danger c’est d’être dans le désert à mes yeux.

      1. Merci pour ta réponse express !
        C’est bien le désert qui me fait peur, entre la chaleur et la gestion de l’eau .. Difficile à percevoir depuis la France
        Question subsidiare, peut-être un peu bête mais je profite d’avoir une connaisseuse : Faut-il retirer de l’argent dès qu’on peut et posséder une certaine somme car il n’y a aucun distributeur dans le centre de la basse Californie ou il y a possibilité de trouver ?
        Merci !

        1. Ça se fait quand même assez bien le désert.
          Sinon de mémoire encore, il n’y a pas vraiment de distributeurs régulièrement. Tu en trouveras à coup sûr (du nord au sud) à Tijuana, Ensenada, Guerrero Negro et La Paz. Il me semble qu’il y en a un peu plus, cependant je ne veux pas te donner d’informations dont je ne suis pas certaine.
          Si tu prends une grosse somme d’argent avec toi n’oublis pas de la diviser en plusieurs partie dans tes affaires.

        1. Avec plaisir ! Profites bien de ton voyage, le Mexique est magnifique ! De nombreux trésors t’attendent dans la Baja !

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