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Le blues du retour : comment rentrer après un voyage de cyclotourisme

Comme vous le savez sûrement, en février dernier j’ai répondu à l’invitation au voyage des papillons monarques. Sur un coup de tête (ou presque), j’ai pris un aller simple pour le Mexique. Mon objectif était de pédaler jusqu’à Montréal avec les papillons en pleine migration, une façon de regarder le monde de leur point de vue et de parler de protection de l’environnement. Après 5000 km de vélo en solitaire (ou presque), je suis arrivée à Montréal le jeudi 14 juin 2018. Alors après 2 semaines à la maison, un déménagement et un moral sorti des chaussettes, je vous parle de mon retour à la maison et des astuces employées pour éviter (ou presque) le blues du retour.

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Penser l’arrivée avant d’arriver

À ce jour je n’avais jamais connu le syndrome de blues du retour. À chaque fois des événements et un rythme effréné ne me laissaient pas de répit. Bon, à mon retour du voyage de 10 mois à travers l’Amérique du Nord et la Patagonie, je vous avoue que le moral était plutôt dans les chaussettes. Un sentiment dû à ma rupture en voyage, le retour chez mes parents un peu en urgence et mon vélo démonté au pied du lit… Pour clôturer le tout, la compagnie aérienne avait perdu l’une de mes sacoches, contenant entre autre, mes outils de vélo.
Je considère donc que le retour du voyage n’était pas mon soucis principal.

Cependant cette fois-ci c’était différent. Je rencontre quelques difficultés à obtenir mon visa pour le Québec, je n’aurai donc pas le droit de travailler. Alors entre la frustration de la situation et la peur de l’ennuie, j’appréhendais mon retour de voyage avant même mon départ.

Malgré cette situation il était pourtant hors de question que je me laisse abattre. Alors plus d’un mois avant mon retour, je commençais déjà à me préparer psychologiquement. Sur mon p’tit vélo j’ai beaucoup réfléchis au retour, à la vie montréalaise, à mon emploi du temps, à lister tous mes projets perso et toutes mes occupations possibles. Mon objectif était alors de ne pas me retrouver face à un néant.

C’est ironique pourtant. La plupart des voyageurs sont décontenancés à leur retour face à la vie normale qui reprend son cours trop vite et le travail qui s’enchaine comme si de rien n’était. Dans mon cas, c’est l’inverse qui risquait pourtant de me faire déprimer.

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Savoir réaliser ce qui se passe et ce que l’on a accompli

Lorsque l’on prépare une aventure, on ne se rend pas toujours compte de ce qui se passe, de ce qui nous arrive, et on ignore tout de ce qui va nous arriver. Alors on suit juste le flow.
Lorsque l’on vit son voyage, on ne se rend pas toujours compte de ce qui se passe, de ce qui nous arrive, des rencontres que l’on vit, ou encore des paysages que l’on voit. On suit le flow tout simplement.

Et lorsque l’on rentre d’un tel projet, on a tendance à ne toujours pas réaliser ce qui nous est arrivé. On a des souvenirs, on a changé, cependant on ne réalise pas que c’est à nous que c’est arrivé. Les gens que l’on rencontre s’émerveillent, s’exclament au courage, et finalement ils passent à un autre sujet. Face à cela le voyageur reste un peu interdit. Tout d’abord une fois que le voyage est mené on ne se sent pas forcément courageux. Ensuite on se sent un peu incompris. On se rend compte que finalement on réalise ce que l’on a accomplit face au regard des autres. Et surtout, on se rend compte que ce n’est pas si facile de partager un telle histoire…

Si le cyclotourisme n’est pas une compétition, je comprend mieux maintenant l’enjeu des médailles et des coupes lors d’événements sportifs. Ce n’est pas l’objet qui compte, mais la reconnaissance qu’elle représente. Un objet à partager simplement pour raconter notre histoire sans les mots.
Peut-être est-ce ce qui manque parfois aux voyageurs à vélo : un symbole pour réaliser que ce qui s’est passé était bien réel.

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Quels outils pour une reconnaissance ?

Moi j’ai mon blog. J’y raconte mes histoires qui s’inscrivent sur la toile et laissent une trace. La carte de l’ensemble de mes trajets est aussi une façon de réaliser que tout cela est réel, et que les chiffres à mon compteur sont avant tout le journal de bord de mes rencontres.
D’ailleurs j’écris toujours un journal de bord au jour par jour. Peut-être devrais-je réduire la cadence. Cependant j’aime pouvoir m’y référer après le voyage. Personne ne le lit réellement. Mais c’est mon carnet secret à moi, une porte qui me permet de retomber en voyage. Et puis ces centaines de pages griffonnées me rappellent combien ce fût réel.

On peut aussi se fabriquer quelque chose. Une affiche, un album photo, un tatouage, un décoration faites des souvenirs cumulés… Peu importe tes préférences, tu trouveras une façon d’inscrire ce voyage dans votre réalité.

Et une simple fête peut aussi marquer la fin du voyage et le retour à la réalité.

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Connaitre ses faiblesses pour mieux les vaincre

La reconnaissance du voyage accompli compte beaucoup pour échapper au blues du retour. Après il faut retourner à la vie normale. De nombreux voyageurs n’y arrivent pas d’ailleurs et reprennent la route. D’autres marquent une rupture totale avec leur vie d’avant en changeant de métier, de ville, etc. Et puis il y a ceux qui reprennent exactement la même vie d’avant et qui ne comprennent pas pourquoi rien n’a changé. Enfin, il y en a d’autres, comme moi, qui doivent attendre, recommencer, et qui se retrouvent face à un néant potentiel.

Juste une p’tite liste

Mais c’était hors de question de me retrouver face au néant. Alors, depuis Sandusky, j’ai pris le temps d’énumérer mes faiblesses. Tout ce qui pourrait me coûter à mon retour :

  • Être sans objectif
  • Trop manger
  • Perdre ma forme physique
  • Déprimer devant la télé, sur le canapé

Mes solutions anti blues du retour

J’ai donc commencé par acheter un nouveau cahier agenda, une façon de marquer la fin de mon voyage et le début d’une nouvelle vie. J’ai commencé un nouveau bullet journal en me notant 3 objectifs par mois. Chaque objectif était ensuite divisé en tâches réparties à travers les semaines. Cocher chaque étape me permet de voir ma progression, de rester motivée et d’avoir des objectifs de travail chaque jour.

Pour éviter de trop manger j’ai amorcé mon retour avec un jeûne de 2 jours. Une façon de me prouver que manger n’était pas une obligation (et encore moins de trop manger), et de trouver d’autres occupations. J’ai adoré l’expérience du jeûne. Et je pense que cette expérience m’a effectivement permis de mieux me contrôler.
Cependant je crois qu’une simple liste de choses à faire en cas de frénésie gourmande me permet de mieux me distraire finalement.

Dans le but de rester en forme, je dois effectuer une activité physique par jour : course à pied ou au moins 10 km de vélo. J’aimerai faire des sorties vélo plus longues, mais je manque de préparatifs. Et malheureusement ma piste de secours que j’étais prête à arpenter chaque semaine s’il le fallait, est fermée.

Et enfin, pour éviter de me scotcher devant des émissions télé, je m’impose un maximum de 1 ou 2 épisodes par jours d’une série (40 minutes max). Étant seule le midi, j’apprécie un peu de distraction. Cependant je m’impose aussi de sortir au moins une fois par jour, hors activité sportive.

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Garder la motivation coûte que coûte

Rester motivé est très personnel, et surement mon plus gros défi. Pourtant trouver son équilibre est indispensable pour éviter le blues du retour. Rester motivé et de bonne humeur pour ne pas subir ses journées et commencer à ruminer quelque chose. Alors j’avance, je me discipline.

La Véloroute des Monarques suit son cours. Je prépare actuellement mes escapades estivales à la rencontre des monarques au Québec. Des évènements se préparent et j,ai vraiment hâte que tout cela se concrétise afin de pouvoir vous en parler !

À côté, je vais aussi tester d’autres techniques de gestion du temps comme le pomodoro.

Et puis pour la suite et bien on verra…

Et toi, quelle est ta méthode pour échapper au blues du retour après un voyage au long cours ?

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