Les Chiapas

C’est après cette courte pause nature à Tuxla la visite du Mexique à vélo reprend de plus belle. Fini de se prélasser, les journées complètes reprennent au fil des visites et de la météo. Nous allons dans les montagnes des Chiapas.

PaysagesToujours plus haut et toujours plus raide. Toujours plus étrange aussi. Le centre du Mexique à vélo est éprouvant par ses montagnes. Chaque montée est un nouveau défi et je bénis toutes les précédentes pour avoir forgé mes mollets.

À 2000m je retrouve les forêts de sapins que je n’avais pas vu depuis bien longtemps, cependant c’est à la rencontre de deux climats et on y retrouve aussi quelques plantes sub-tropicales. Curieux mélange ! Ce passage là est bien différent de tout ce que j’ai pu voir avant. Les amérindiens sont très présents, les villages semblent moins touchés par le tourisme. Les prix sont bien plus bas, et les gens semblent me regarder bien plus curieusement que d’habitude. Le long de la route je croise beaucoup d’enfants dans les rues qui me courent après pour avoir des pesos, les adultes aussi peuvent venir me voir uniquement pour obtenir de l’argent. Les vendeurs arrêtent les voitures en tendant des ficelles au milieu de la route pour bien se faire remarquer. Il y a aussi beaucoup plus de vie : de nombreuses personnes marchent sur la route, transportent de lourdes charges de bois appuyées sur leur tête. De nombreux pèlerins sont là aussi. En motos, en voiture ou à pied. Ils passent avec des habits au couleurs de leur voyage et des voitures décorées. Et moi je passe, regardant ce spectacle qui m’émerveille d’authenticité et me serre le cœur aussi parfois.

Tout cela dure jusqu’au parc national d’Agua Azul.

Agua azulUn joyau bleu à couper le souffle ! Une rivière bleue turquoise au milieu d’une flore tropicale, sublimée par des cascades sans fin. J’aurai tellement aimé avoir le temps de rester un peu plus. De mieux découvrir ce petit trésor… à peine arrivée là un homme vient me voir. Père d’une famille franco-autrichienne, ils voyagent durant une année depuis San Francisco jusqu’à… ben on verra bien où on sera ! (http://mapatoclaya.canalblog.com/) Et pour quelques jours ils roulent avec une autre famille rencontrée sur la route (http://rocatama.net/en). On passe donc la soirée tous ensemble a discuter tantôt français, tantôt anglais, tantôt allemand (ah non je ne la connais pas celle-là de langue…). On me propose même de me conduire tous mes bagages jusqu’à Palenque. Madame est servie, je profiterai donc d’un jours sans poids, qui, j’avais du al à le croire, devient presque un jour de repos tellement la différence est grande ! À Cancun, c’est sûr, il me faudra revoir l’organisation des bagages afin d’enlever encore un maximum de poids et chercher des objets encore inutiles.

cité de PalenquePuis vient la visite de la cité de Palenque. Tout a commencé par un réveil bien matinal avec le bruit des singes qui hurlaient dans la forêt plutôt proche. Lorsque je me décide à sortir de mon nid, les enfants des voisins viennent me voir avec un sourire énorme « On a vu des singes ! ». Alors une fois sur le site archéologique, dans la forêt, je guette. La moindre branche qui bouge devient un toucan ou un singe potentiel. Mais je n’ai rien vu d’autre qu’une magnifique cascade d’eau bleue turquoise et des ruines maya d’exception.

Si j’ai tant pu apprécier le Mexique c’est que je l’ai traversé et donc découvert sous de nombreuses facettes et nombreux paysages. Cependant les Chiapas se sont révélées comme ma région préférée.

La Péninsule du Yucatan

Je suis arrivée au Yucatan, par le sud de l’état de Campeche. Zone marécageuse, sous un beau soleil d’hiver mexicain, avec des oiseaux connus et inconnus volant un peu partout, une belle route avec très peu de voitures… Ça aura été ma première vision de la péninsule magique que j’attendais de voir depuis tellement longtemps.

Péninsule du Yucatan

Bientôt la mer, bientôt les caraïbes !

Depuis les magnifiques plages de la mer de Cortes je commence à prendre goût aux belles plages de sables fin, à l’eau chaude qui donne envie de s’y baigner et aux cocotiers. Alors pendant les montées interminables pour aller à Mexico, pendant les nuits glaciales de San Cristobal, je pensais à la mer. Elle me réconfortait à chaque fois et me donnait du baume au cœur.

Mais il me reste encore plusieurs centaines de kilomètres à parcourir. Je dois encore parcourir une route à travers la jungle qui semble figée au loin et me donne l’espoir de pouvoir enfin voir un toucan. Mais je n’y aperçois que quelques perruches et un toucan passés au loin. Pas plus… Nous avons alors décidé de nous y enfoncer un tout petit peu, histoire de vivre la nature comme je ne la connais pas encore. De flaque de boue en nuée de moustiques, nous n’avons rien vu. Nous avons du passer la soirée enfermés dans notre tente, et surtout, n’avons jamais été aussi dégoûtants du voyage. La sueur colle à la peau, la boue colle aux jambes. Et il y a même des tâches qui apparaissent sur les habits sans que je comprenne comment ni ce que c’est ! Je repense alors à Solidream (www.solidream.org) qui a traversé – entre autre – l’Amazonie à vélo. Leur expérience des plus difficiles il paraît. Et moi, une seule nuit et je me plains déjà !

Après la jungle vient la lagune de Bacalar ! Petit hôtel tranquille où les propriétaires ont partagé la culture musicale du Mexique à travers un karaoké et quelques chansons cultes de leur répertoire.

Plus que 200 km avant la mer ! Deux tous petits jours de vélo ! Mais il pleut… Depuis presque une semaine maintenant il pleut régulièrement au fur et à mesure que je m’approche des Caraïbes. Trempée à l’os encore une fois, je craque et prends le bus pour Tulum.

Les Caraibes

Enfin les caraïbes. Plage, soleil et vacances !

Ah, je vous entend déjà médire de moi ! « elle est déjà en vacances… » Mais croyez moi, un voyage comme ce ne sont pas des vacances. C’est un mode de vie. Un peu hors normes je vous l’accorde. Mais comme tout choix de vie il comporte ses bons et mauvais côtés. Certes je voyage et fais de belles rencontres, certes j’en fais rêver plus d’un avec mes récits et photos. Mais je ne sais jamais où je vais chaque jour, je ne sais pas où dormir, je ne sais pas quelques rencontres je vais faire ; et quand j’en fais, j’ai toujours le doute qu’elle soit bonne ou mauvaise. La route est souvent difficile et je dois me tenir sur mes gardes par rapport aux voitures, aux déformations du sol, aux dos d’ânes qui sont très prisés au Mexique. Je ne me plains pas et j’apprécie chaque moment, bon ou mauvais, à sa juste valeur durant le voyage. Mais j’avoue que la perspective de poser mes sacoches quelque part pour quelques jours me plaît aussi…

De Tulum à Playa del Carmen je roule guettant et espérant voir la mer. Quelle innocence ! La plage est publique mais il n’y a que 2 ou 3 accès publics tout au long de la riviera Maya. Les grands complexes hôteliers luxueux se sont approprié ce joyau. La mer des caraibes on n’y accède pas comme ça. Et surtout pas les vélos. Je l’imaginais bien pourtant la route au bord de la mer. J’avoue qu’une part de moi espérait une piste piétonne et cyclable au bord de la mer…Mais rien, que dalle !

À Playa del Carmen, sur une grande, place trône d’ailleurs fièrement un panneau indiquant la première plage publique du coin.

Je m’y étais habituée pourtant au Mexique, sa chaleur, son accueil, ses couleurs, ses odeurs, ses petits prix, ses hôtels avec cafards, ses places authentiques, ses marchés où tout le monde augmente les prix pour mes yeux bleus… Ici, je n’ai plus vraiment l’impression d’être au Mexique. On y retrouve l’histoire et la culture, certes. Mais tout semble appartenir à des investisseurs du nord et aux touristes.

Les Chiapas et le Yucatan ont beau être deux régions transfrontalières, elles sont sûrement les deux régions les plus opposées du pays. Bienvenue au Yucatan !…

Mexique à vélo, et après ?

Mes parents m’ont rejoint le 18 décembre pour 2 semaines de vacances. Ils ont loué une voiture alors je serai touriste avec le vélo en kit dans l’auto. Nous avons visité entre autre la cité d’Uxmal. La plus belle cité maya que j’aurai pu voir de mon voyage.

Durant ces 2 semaines le stress de la suite du voyage augmente… Vais-je réussir à continuer ma route seule ?

Galerie photo Chiapas et Yucatan

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