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Quel tourisme après le Covid-19 ?

De confinement en prolongement, on se demande tous quand tout cela disparaitra, quelle sera la fin de la pandémie et comment sera le monde ensuite. Parce que si on ne sait rien encore de l’après-corona, on se doute que tout sera différent. Peut-on imaginer dès aujourd’hui quel sera le tourisme après le Covid-19 ? Et quel sera son impact sur le cyclotourisme ?

Un pour tous et tous pour le covid-19

La mobilisation mondiale pour contrer la pandémie et le confinement (à ce jour) de la moitié de la planète, nous a prouvé que l’on pouvait changer de façon rapide et radicale. Nous sommes même capable de faire des sacrifices personnels pour le bien commun. Face à la fermeture des services non essentiels, on a la possibilité de retourner à nos essentiels. Du coup on (ré)apprend que l’on peut moins consommer, que l’on peut survivre à des magasins fermés le dimanche, que l’on est capable (ou pas) de passer du temps en famille, que notre quotidien ne nous correspond pas forcément une fois que l’on sort la tête de l’eau – tout cela permettant un certain retour à l’essentiel. Et si on se rend compte qu’aller dehors est souvent indissociable à notre santé mentale, on se rend compte que l’on a besoin de réinventer notre quotidien pour voyager – et plus seulement de nous déplacer.

L’ensemble de ces changements apportent une vision différente sur notre façon de consommer le voyage. Tout porte à croire qu’en tourisme aussi un retour à l’essentiel est en cours. Le tourisme post pandémie sera sûrement local, pleine conscience, écologique, et de nouvelles façons de voyager comme la micro-aventure deviendront à la mode.

Un nouveau tourisme après le Covid ?

Voyager local

Consommer local est à la mode. Mais peut-on aussi voyager local ? Oui car l’aventure c’est simplement aller dans un lieu que l’on ne connait pas – de passer le pont comme dirait Brassens. Moi-même j’ai eu un plaisir fou à découvrir l’Hérault à vélo, le département de mon enfance que je n’avais pas pris le temps de découvrir, trop enthousiaste à aller au bout du monde.

Voyager local permet de mieux connaitre sa région et s’inscrire dans un territoire ; d’encourager des acteurs locaux dans l’ensemble des sphères économiques, et donc enrichir sa propre région ; découvrir des lieux cachés parfaits pour des micro-aventures ; de ne pas désosser son vélo pour le rentrer dans l’avion et prendre le risque de le briser à tout va ; de supprimer les coûts de transports permettant alors de faire plus d’activités durant son voyage.

Avec un peu de hauteur, l'Hérault à vélo - La cyclonomade
L’Hérault : À la découverte de mon département – © La cyclonomade

Aller plus loin :

Le retour du voyage d’une vie ?

Avant le corona, on consommait du voyage comme un consommait de l’alcool : avec ferveur et dépendance. Au début du siècle les aventuriers vivaient le voyage d’une vie, aujourd’hui on a plutôt tendance à chercher une vie de voyage. Un comportement que l’on maintient parce qu’on le peut.
Et si voyager loin était à nouveau le projet d’une vie ?
Un moment unique où l’on brise ses chaines et son quotidien pour partir une fois le plus loin possible, vivre autre chose, voir autrement. Vivre pleinement et rentrer pour raconter son histoire, son vécu, ce qui a changé.

Voyager consciemment

Non seulement voyager était possible avant le Covid, mais il existait aussi une injonction silencieuse qui imposait le voyage comme quête ultime du bonheur. Voire un standard de vie.
Mais est-ce la réalité ?
Te rappelles-tu encore pourquoi tu voyages ?
Non seulement voyager est devenu facile, une norme (backpackers, les snowbirds, sauter simplement sur un billet d’avion pas cher, … ) ; mais ce n’est plus vraiment un défi. Avec la démocratisation du web – on ne part plus vraiment, nos proches sont dans la poche et on ne s’immerge plus dans la culture locale (sauf pour prendre en photo son assiette 😉 ).
Malheureusement on retrouve de plus en plus de gens qui voyagent uniquement pour voyager, montrer aux autres qu’ils y sont allés, ou encore pour nourrir un feed instagram d’images déformant la réalité
Bref, est-ce qu’on voyage encore pour les bonnes raisons ? Savourons-nous véritablement chaque moment à son plein potentiel ?

Personnellement je peux vous répondre que non. Je le sais que j’ai atteint une certaine limite. Si j’adore toujours autant voyager à vélo, j’ai tellement parcouru la planète que je ne m’émerveille plus vraiment. C’est aussi pour ça que c’est très important pour moi de ne pas me construire une vie de voyage – mais une vie d’escapades qui me font vibrer à chaque fois.

Il prouve que les photos insta deviennent toutes les mêmes, Foozine, Août 2018

En route pour la micro-aventure

Alors on part au bout du monde. Mais voyager local signifie aussi de retrouver le plaisir des choses simples, des petits voyages, où les horizons n’en sont pas moins intéressants. Et puisqu’on part moins loin, on peut partir moins longtemps. Nous entrons dans l’ère de la micro-aventure.

Élu aventurier de l’année en 2012 suite à un tour du monde à vélo (entre autre), Alastaire Humphreys a développé le concept de micro-aventure pour parler des aventures “courtes, locales, simples et pas chères”. Bref, c’est simplement le fait de sortir de son quotidien en testant de nouvelles choses ou en (re)découvrant des lieux de proximité.
Pourquoi pas aller à votre rivière préférée à vélo, partir sans planification, donner rendez-vous à un proche, changer de chemin ou de moyen de transport pour aller au travail, etc. Tout est possible. Et chaque nouvelle route, chaque nouveau lieu va nous nourrir aussi.

En plus d’offrir une réponse au voyage local, la micro-aventure rejoint la volonté de solidarité et la créativité qui semblent se mettre en place avec le confinement. Le rêve n’est pas seulement dans le bout du monde ou le voyage ; il est avant-tout dans notre esprit et le regard que l’on porte sur le monde.

20 idées de micro-aventures à Montréal

Voyage à la plage en temps de confinement – Crédit photo : Hélène Pouget

Et continuer à développer le voyage écologique…

La tendance est déjà là. Ce n’est pas la pandémie qui a déclenché un mouvement de voyageurs à la recherche d’une démarche écologique. Une tendance que l’on retrouve particulièrement chez les voyageurs à vélo d’ailleurs. Cependant on peut supposer que la crise sanitaire, liée directement à notre mode de consommation causant la crise écologique à laquelle nous faisons face.
J’ose espérer cependant que ces nombreuses initiatives vont continuer, que les agences de voyage et autres professionnels du tourisme vont enfin mettre l’aspect écologique en avant.
En attendant continuez de mener de front vos projets sociaux et environnementaux, des initiatives zéro déchet, la recherche de voyage plus lent et plus équitable.

En vérité, malgré la situation actuelle et que je mette le bâton dans mes propres roues puisque je travaille dans le tourisme ; je suis très optimiste à l’idée d’un prochain tourisme conscientisé et durable.

Et l’avantage pour tous les cyclo-aventuriers, c’est que le vélo répond à l’ensemble de ces critères et devrait prendre la place qu’il lui revient dans la culture du voyage, impliquant alors un meilleur partage de la route et le développement d’infrastructures…
Je croise les doigts !


Pour aller plus loin : Envie de tester un premier voyage à vélo, mais vous ne savez pas trop comment vous organiser ? J’ai rédigé un livre numérique pour vous afin de regrouper tous les conseils nécessaires à l’organisation d’un voyage cyclotourisme.


Sources et articles qui m’ont permis de rédiger cet article :

  • freddow

    Le voyage à vélo est une bonne alternative pour voyager d'une autre manière, plus libre, plus respectueux de la nature, de l'environnement et plus économique. On connaît déjà l'ampleur du voyage à vélo qui devrait encore plus se développer après la crise du corona. Le voyage à vélo est une source de dépaysement et d'aventure qui n'a rien à envier aux autres formes de voyages.

  • Le Baragosse

    Chaque ete, Veronique et Norman Drexel delaissent leur camion a pizza pour 6 a 8 semaines et quittent la region de Christchurch ou ils resident pour venir faire du tourisme cyclonomade sur le vieux continent en privilegiant les haltes epicuriennes.

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