Pour notre voyage, la côte ouest à vélo commence à Portland. Ce n’est pas tout à fait vrai car il nous aura encore fallu 2 jours de route pour arriver jusqu’au Pacifique. Cependant la météo se faisait déjà océanique et notre esprit était déjà au bord de l’océan.

Portland

À Portland, la fraicheur nous fait oublier les derniers jours de soleil brûlant. On profite d’être dans l’une des villes les plus cyclable des États-Unis pour se joindre à l’événement des Sunday parkways. Chaque dimanche d’été une association organise des boucles cyclables dans la ville afin de permettre aux vélos de s’approprier la route et de découvrir et profiter des parcs de la ville. L’événement est bien sûr animé par des associations, des cours de yoga ou de danse, des commerciaux qui donnent tout un tas d’affaires. J’apprécie surtout la compagnie Cliff qui offre des barres de céréales ultra calorifiques, spécialement faites pour les sportifs. Nous nous remplissons les poches pour assurer les prochains jours, c’est ces céréales sont aujourd’hui la base de notre alimentation (avec les pâtes). Cet événement propose un concept qui me plait beaucoup et que je garde dans un coin de ma tête. Quoi de mieux qu’une belle promenade à vélo par une belle matinée d’été ?

La côte ouest et le Pacifique

Le Pacifique
Le Pacifique

Nous y arrivons pour notre 100e jour. Ce n’était qu’une ligne à l’horizon, puis nous y voilà. Le Pacifique !… Une eau glaciale sous un soleil de plomb. Nous l’attendions depuis le début. Nous y rêvions depuis Portland. Cet océan absent de notre pays. L’océan lointain… L’océan qui nous rappelle que nous avons déjà parcourus le continent américain dans sa largeur.

Le Pacifique nous accueille dans son plus bel apparat. La mer et le ciel se mêlent à l’horizon dans un mélange de teintes grises. Le brouillard crée une ambiance poétique, et des milliers de goélands nos offrent un spectacle unique, dont même les habitants sont surpris.

Parcourir la côte ouest à vélo nous entraine le long de la route 101. Cette route étroite et sinueuse suit le Pacifique dans toutes ses formes. Tous les jours nous apprenons à descendre pour mieux remonter ensuite et revenir au bord des falaises. Le 101 nous emmène ainsi sur de magnifiques points de vue dominant la côte et de tranquilles campings avec coucher de soleil sur l’océan. L’ambiance change et l’océan nous apaise. Nous découvrons avec plaisir le Redwoods National Park. Malheureusement l’été constitue aussi la haute saison touristique. L’achalandage est parfois tel que la route devient inconfortable sur de nombreux point, notamment lorsque les gigantesques campings-car passent un peu trop près. De plus le brouillard est bien trop présent et semble nous rendre invisibles malgré nos gilets jaunes.

La route 101 c’est aussi beaucoup de rencontres avec d’autres cyclistes. Nous avons eu la chance de rencontrer plusieurs groupes de manière régulière, tous allant vers San Francisco. Tous en fin de voyage. Les adresses de blogs s’échangent et les conseils fusent.

San Francisco

Le Golden Gate Bridge
Le Golden Gate Bridge

Depuis plusieurs jours la route s’intensifie. Elle grimpe, tourne, monte, descend, remonte… Puis il est là. Le Golden Gate Bridge ! Sous nos yeux, sous le soleil, comme irréel. On ne réalise pas bien d’ailleurs. Alors on le savoure, on l’admire, le photographie sous tous les angles, et on repart, pressés de rouler dessus. Dessus, notre tête est prise dans les nuages, encore. Mais on est juste heureux, on prend notre temps…


La baie nous plait par sa diversité culturelle notamment. Elle nous surprend, nous étonne et nous séduit par ses différents quartiers, ses différentes ambiances : les touristes à ficherman’ warf, les travailleurs et sans-abris au quartier Business, on change de pays à Chinatown, voit des arc-en-ciel un peu partout à Castro et arrive au Mexique à Mission… Les collines façonnent la ville, la sculptent. Alors les hommes y ont construit des tunnels, des routes un peu partout, un peu dans tous les sens, étonnamment sinueuses pour une ville américaine. Les bus, trolleys, tramways et cable-cars rendent la ville d’autant plus unique. Ses hippies, ses bobos, son brouillard, sa fraîcheur ajoute une nouvelle touche de couleur. Et puis il y a des vélos un peu partout. Ici on est un peu chez nous, hormis nos sacoches qui sont toujours aussi énormes, on ne se fait pas remarquer.

Notre hôtesse Warmshorwer nous explique qu’à San Francisco l’association pour la défense des vélos est tellement importante que tout parti politique souhaitant se faire élire doit développer des propositions pour le développement du vélo.

Mais au-delà de la ville, San Francisco s’est révélée une étape importante de notre voyage grâce à Yan. Québecois rencontré à Yellowstone, nous avions gardé contact sachant qu’on serait à San Francisco à la même période. Les collègues de voyage de Yan sont partis pour l’aéroport le matin même. Lui veut continuer, quelque part à l’est, au nord ou au sud. Immédiatement on lui propose de se joindre à nous. On lui parle un peu de nos plans pour la suite ; lui nous évoque ses possibilités et de ce qu’il aurait rêvé de faire. Le Mexique se précise de plus en plus dans nos têtes. La Sierra Nevada aussi. Et pourquoi pas les Caraïbes puisque nous avons le temps ? À la fin de l’après-midi l’idée de partir tous ensemble nous paraît évidente pour tous les trois.
Nous prenons encore 2 jours à San Francisco pour faire quelques dernières courses, mais déjà l’envie de repartir se fait sentir. Nos jambes nous démangent, la route nous taquine. Nous repartons pour les montagnes, à l’est !

Album photo : La côte ouest

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Les grands parcs

À travers la vallée de a Californie, entre désert et oasis sans fin, puits de pétrole et métropoles, nous passons nous regardons. L’horizon est verdoyant tandis que le sol est fait de sable, tandis que des panneaux publicitaires affichent « La crise de l’eau n’est qu’un mensonge du gouvernement »… Sidérant. Énervant. Frustrant… Cette partie là nous l’appelons le désert arrosé.

Puis la route monte, beaucoup, longtemps. L’arrivée de Yan dans le groupe me met la pression puisqu’il a l’habitude de rouler vite. Nous l’amadouons à notre rythme de vie en seulement 2 jours : Nous mangeons chaud même le midi tandis qu’il n’a mangé que des conserves froides ces derniers mois ; Puis nous passons plus de 2h à nous rafraîchir dans une rivière tandis que nous n’avons alors parcourus que 20km pour toute la matinée. Pour arriver à me suivre dans toute ma lenteur, il doit abandonner ses pédales automatiques.

Le Park Yosemite, Sequoia et King Canyon nous ouvre ses portes après une ascension de 2 jours. Leurs décors nous enchantent et nous redécouvrons le plaisir de la marche. Passer par ces parcs aura été un détour au détriment de la partie apparemment la plus belle de la route 101, mais ça en valait la peine.

Los Angeles

De retour au Pacifique nous suivons la piste cyclable qui nous mène jusqu’à Los Angeles, à travers les lieux célèbres tels que Malibu Beach.

Nous apprenons alors que le pont de San Francisco est un repère très important. Au nord du pont il y a du brouillard et l’eau est froide. Au sud il fait beau et l’eau est chaude. À partir de maintenant chaque journée se ponctue d’au minimum une baignade dans le Pacifique. Un compromis pour se rafraîchir un peu de notre dur labeur sous le soleil de Californie.

La ville nous laisse perplexe. Nous ne savons pas comment l’aborder. Nos hôtes nous conseillent les bus touristiques. Nous les essayons mais c’est bien à regrets ensuite. Ils nous emmènent à Hollywood, nous avons à peine le temps de flâner sur l’Hollywood Boulevard qu’il faut déjà rentrer. Le lendemain c’est notre hôte qui nous fait visiter sa ville. Mais au bout de 3 jours de visite on se rend à l’évidence. Cette ville n’est pas faite pour nous. Nous retournons alors sur la 101. Nous n’avons plus qu’une idée en tête, le Mexique.

Album photo : Les grands parcs de la côte ouest à vélo

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